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Colloque sur l’histoire de Tlemcen et de sa région

2011-01-02

«Histoire de la cité de Tlemcen et de sa région» est le thème du premier colloque qui sera organisé lors de la manifestation «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011», a-t-on appris auprès de l’université de Tlemcen qui organisera lors de cet événement une douzaine de rencontres scientifiques. Ce colloque sera marqué par quatre axes abordant Tlemcen dans l’Antiquité (période anté-islamique), les grandes mutations de la société tlemcénienne, Tlemcen à l’époque de la conquête musulmane, en passant par
l’époque ottomane ainsi que Tlemcen et sa région entre 1830 et 1962.En effet, Tlemcen a de tout temps été une cité dont la vue fascine l’esprit, dont la beauté séduit le cœur et c’est aux heures glorieuses de son passé qu’elle doit d’être aujourd’hui le reliquaire de l’art musulman en Algérie. Le patrimoine de cette cité millénaire, longuement chantée par les poètes, est constellé de témoins prestigieux de l’histoire qui retracent les moments forts de son illustre parcours, particulièrement à partir de la conquête musulmane.

Élue au rang de capitale du Maghreb central par les Zeyanides, Tlemcen atteignit sous leur règne son plus haut degré de prospérité. Ces monarques en firent un véritable foyer de lumières. Ils aimaient les sciences, les arts et les lettres et exerçaient un généreux mécénat en attirant dans leur capitale les hommes de science et de piété. Ils avaient une cour nombreuse et brillante, une armée disciplinée et aguerrie ; ils frappaient monnaie à leur coin. En un mot, Tlemcen, sous leur empire, était devenue une des villes les mieux policées des mondes musulman et méditerranéen qui, en raison de sa position géographique privilégiée, développa d’importantes relations économiques avec l’Europe et l’Afrique et devint ainsi un pôle commercial et une étape ultime entre les grands centres commerciaux de la région.A l’époque turque, Tlemcen, en tant que l’une des plus grandes villes du beylik de l’Ouest, n’en continuera pas moins de briller par ses universités alors célèbres, et par tant d’hommes de renom pendant que, non loin de là, la marine algérienne avait réussi à étendre son influence sur la côte ouest de la Méditerranée et, par là, imposer la souveraineté de l’Etat algérien sur tous les pays européens ayant des débouchés maritimes, notamment sur le Bassin méditerranéen.Quant à la période coloniale française (1830-1962), elle se particularisa par sa violence et la brutalité avec laquelle le colonisateur traita le peuple algérien. «Interrogatoires musclés», «méthodes de coercition», «procédés spéciaux» : les euphémismes n’ont pas manqué pour désigner, pendant la guerre d’Algérie, le recours à la torture par la police et l’armée françaises. Les Algériens y ont riposté néanmoins avec force, tantôt par la résistance armée, tantôt par d’autres moyens. C’est ainsi que l’année 1911 fut marquée par une émigration assez importante : quelques centaines de citadins de Tlemcen décidèrent de s’exiler vers le Proche-Orient pour ne pas vivre sous la colonisation chrétienne. Dans le même temps, le mouvement national s’intensifiait avec la fin de la Première Guerre mondiale qui n’avait pas manqué d’envoyer au front des milliers d’Algériens pour combattre les Allemands et leurs alliés. Il persistera entre les deux guerres sous la forme d’importantes organisations politiques, qui endureront les affres de la répression militaire et policière et dont les actes barbares, perpétrés par les Français en 1945 sur l’ensemble du territoire algérien, sont des témoignages éloquents.L’expérience acquise par la résistance algérienne dans son combat contre l’occupant français durera plus d’un siècle et se couronnera, le premier novembre 1954, par la grande guerre de libération nationale. Celle-ci tiendra plus de sept années durant lesquelles l’occupant français, soutenu par les forces de l’Otan, s’emploiera pleinement et sans âme à supplicier, occire, assassiner le peuple algérien ; il s’évertuera à interner des hommes et des femmes sans défense dans des camps de concentration abominables ; il essayera d’emprisonner tout un peuple à l’intérieur d’enceintes de fils barbelés et de mines, aussi étendues que l’étaient les frontières derrière lesquelles l’Armée de libération nationale avaient dressé ses retranchements, jusqu’en mars 1962, date du cessez-le-feu.Ainsi, ce colloque, selon les organisateurs, puisera donc sa substance dans la longue histoire de Tlemcen et de sa région, notamment à travers l’étude de toutes les facettes de cette mégapole qui a joué de nombreux rôles depuis la nuit des temps.


Amira Bensaber La tribune





          

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