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L’écotourisme dans la région Ouest

2012-10-21

Quand la nature impose l’écotourisme


Développement durable, économie verte, énergies renouvelables sont les grandes priorités du XXIe siècle : comment vivre et ne pas détruire les ressources naturelles. Toutes les politiques de développement actuelles de par le monde sont basées sur le principe que les ressources de la nature s’épuisent. Dès lors, travailler "écolo", penser "écolo" et vivre "écolo" est la nouvelle tendance autant industrielle, agricole que de l’industrie du divertissement. Le secteur du tourisme en Algérie veut s’y intégrer.

L’écotourisme s’impose. Et les mesures entreprises ne sont que meilleures, et le seront encore au fil du temps. Pour promouvoir la synergie entre le tourisme et la nature, le ministère du Tourisme et de l’Artisanat, par le biais de l’Office national du tourisme (ONT), a organisé un tour éducatif (Eductour) au profit des journalistes de la presse nationale.

Destination Oran, Sidi Bel-Abbès et Saïda

Il est 21h30. L’autocar de Timgad Tour, à son bord le groupe de journalistes, entame le dernier virage pour le début de la tournée dans quelques villes de l’ouest du pays. Première halte : "Les Andalouses", à une vingtaine de km à l’ouest de la ville d’Oran. Un complexe qui a connu des jours meilleurs dans les années 1970 et 1980, même si la mer d’un bleu turquois et au son mélodieux de ses vagues, à cette heure tardive, veille sur les lieux, pour rappeler aux milliers de visiteurs que "Les Andalouses" reste le complexe le plus coté de l’Oranie. Aujourd’hui, il se reconstruit petit à petit pour regagner sa splendeur d’antan. Dans cette perspective et pour développer un tourisme écologique, les responsables du complexe se sont lancés dans l’utilisation des énergies renouvelables, plus précisément l’énergie solaire photovoltaïque. "Le recours à ce type d’énergie nous servira pour le chauffage de l’eau. Nous avons effectué des essais pendant deux ans. Actuellement, nous avons une quarantaine de panneaux au niveau des bungalows. Les installations nous ont coûté environ 500 millions de dinars. Le coût de cet investissement sera amorti d’ici deux à trois ans", annonce son directeur. Après une nuit passée au niveau de ce complexe, le groupe de journalistes prend le chemin de Madagh, à quelques kilomètres à l’ouest des "Andalouses". Et que dire de ce paysage, si ce n’est que même les plus habiles dans l’art de la rhétorique ne sauront trouver les mots pour décrire sa splendeur. Une mer d’un bleu azur, une forêt encore à l’état naturel qu’embaument le pin maritime et le pin d’Alep, et au large, dessinant leurs contours déchiquetés, on peut apercevoir les imposantes îles Habibas. Madagh est aussi réputée pour ses deux plages paradisiaques, dont l’une, Madagh II, abrite des vents est et ouest par deux monts qui s’enfoncent dans la mer, offre un cadre idyllique aux baigneurs qui y affluent par milliers. Notre passage à la plage de Madagh II est aussi une occasion pour de découvrir la synergie entre l’aspect encore "sauvage" des lieux et les nouvelles technologies. Les autorités locales ont installé des panneaux solaires pour l’éclairage et projettent de doter les lieux de cabines, de douches et de toilettes publiques mobiles, pour offrir un meilleur service aux touristes. La visite de la wilaya d’Oran s’achève sur ce beau paysage, que les pêcheurs à la ligne savourent chaque week-end. Nous prenons ensuite le chemin vers Sidi Bel-Abbès, le carrefour des civilisations.

Sidi Bel-Abbès, carrefour de civilisations

De l’histoire de Sidi Bel-Abbès, on en connaît que le passage du colonisateur français, qui l’a fit baptiser "le Petit Paris". La ville connut, en effet, durant la période coloniale, un grand développement axé principalement sur les activités agricoles. Le centre-ville était caractérisé par l’urbanisme et l’architecture néobaroque du XIXe siècle et du début du XXe. A ce titre, elle constitue un véritable musée à ciel ouvert où l’imposant néo-classique côtoie l’art nouveau et l’art déco. Mais en réalité, si la création de la ville de Sidi Bel-Abbès est relativement récente, la région a été marquée par le passage de plusieurs civilisations et ce dès l’antiquité, voire la préhistoire. Ainsi, et comme partout dans le Maghreb, les premiers habitants de la zone furent les tribus berbères qui s’établirent autour des rives de la Mekerra. Ils y développaient la culture des céréales et les maraîchages sur les riches terres de la région. La région sera par la suite marquée par le passage des Romains, des Vandales et des Byzantins. Les expéditions arabes de la fin du VIIe siècle, auxquelles les Berbères, séduits par le message égalitaire véhiculé par l’Islam, réservèrent une attitude plutôt favorable. Les historiens s’accordent à dire que la région fut intégrée dans les limites du royaume des Kharredjite de Tihert (776- 909) jusqu’à sa destruction par les Fatimides au Xe siècle. Elle connaîtra par la suite de grands mouvements de populations, avec la poussée des Banou Hillal d’abord, puis l’avènement de la dynastie des Mourabitoune (Almoravides) lancés dans un grand mouvement d’unification du Maghreb, puis d’El Mouwahidine (Almohades). Après la fin de cette dynastie, la région de Sidi Bel-Abbès fut intégrée dans le royaume des Zianides. Mais la région est aussi connue par sa zaouia Tidjania. Ras El Ma (90 kilomètres au sud de la ville de Sidi Bel-Abbès) est l’un des points stratégiques qu’empruntait Cheïkh Sidi Ahmed Tidjani pour se rendre à Boussemghoune (El Bayadh) et à Tlemcen. Les descendants de Cheïkh Sidi Ahmed Tidjani, suivant la voie ouverte par leurs ancêtres, ont également marqué de leurs empreintes l’histoire de cette Tariqa bien connue au Maghreb et en Afrique de l’Ouest. A commencer par Cheïkh Sidi Mahmoud qui put résoudre nombre de conflits entre les tribus marocaines. Ainsi, le village de Ras El Ma a-t-il acquis sa notoriété de ville de paix et vit, en 1940, la construction de la zaouia Tidjania par Cheïkh Sidi Ali. Elle devint donc la seconde ville spirituelle de la Tariqa après Aïn Madhi (Laghouat). Ces évènements n’ont pas manqué de doter la wilaya de Sidi Bel-Abbès d’un grand rayonnement cultuel. L’existence de la zaouia à Ras El Ma suscite l’intérêt de nombreux visiteurs de différentes régions du monde. Outre la zaouia Tidjania, le tourisme cultuel peut se décliner sous sa forme spirituelle, en allant à la rencontre des représentants et adeptes des nombreuses confréries, telles que El Aïssaoua qui a ses racines au Maroc, Eddarkaouya, El Alaouiya et El Kadiria. La wilaya compte également nombre de mausolées, notamment celui de Sidi M’hamed Ben Ali, à une dizaine de kilomètre du chef-lieu, sur une zone protégée marquée également par un fabuleux plan d’eau. La direction du tourisme de la wilaya de Sidi Bel-Abbès a, dans sa stratégie de développement du tourisme cultuel et de proximité basé sur l’écologie, entamé des travaux d’aménagement de ce site. "Le site compte le mausolée de Sidi M’hamed Ben Ali, un cimetière, un lac de 38 hectares et une petite forêt autour du lac. L’enveloppe consacrée à ce projet est estimée entre 35 et 40 milliards de centimes. Les travaux, qui ont débuté depuis plus de 18 mois, ont été retardés pour manque de budget. Toutefois, ils seront achevés dans une année, tout au plus", nous explique M. Karboua Rabah, directeur du tourisme de la wilaya. L’espace sera doté de soixante-dix locaux commerciaux, d’un théâtre de verdure, d’une piscine et de deux parkings d’une capacité de 400 véhicules chacun. "Nous allons aussi aménager des aires de repos, de jeux et un terrain de pétanque", poursuit-il. Même si le site n’est pas encore aménagé, des dizaines de familles y affluent les week-ends. D’ailleurs, M. Karboua affirme, avec fierté, que ses équipes ont enregistré 3.473 véhicules en une journée. Pour certains, c’est une occasion pour admirer un paysage tiré tout droit des cartes postales, pour d’autres, les parties de pêche sont de mise, puisque les eaux du lac renferment une importante population de carpes argentées, carpes locales et barbeau. Le canard colvert vient aussi enrichir le gibier constitué de cailles, de poules d’eau pour les amateurs de la chasse. Pour autant et comme c’est le cas dans de nombreux sites en Algérie, l’hygiène des lieux est le dernier souci des visiteurs. A Sidi M’hamed Ben Ali, la beauté du site est mise à rude épreuve puisque les rives du lac sont envahis par des sachets, pneus et autres objets hétéroclites. Après la nuit passée à l’hôtel Beni Tala, un établissement privé quatre étoiles qui a ouvert ses portes récemment, cap sur Saïda, réputée pour ses sources thermales.

Saïda, fief du tourisme de santé

Hammam Rebi, Hamman Sidi Aïssa ou encore Aïn Skhouna font la fierté de la wilaya de Saïda. Les adeptes des bains thermaux y affluent par milliers, et au fil des ans, ces stations thermales se sont imposées comme l’attraction touristique phare de la région. Hammam Rebi, dont les sources thermales sulfatées sont réputées pour leurs vertus contre le rhumatisme, l’arthrose et la polyarthrite, est dirigé par une équipe médicale qui veille au confort de ses visiteurs. Et s’il affiche une certaine modernité quant aux infrastructures d’accueil, Hammam Sidi Aïssa (environ 13 kilomètres au nord de Saïda) préserve toute sa rusticité, d’autant que la région de Sidi Boubeker garde son cachet rural. Ce type de tourisme a enregistré 188.568 touristes en 2011. Et, comme dans toutes les régions rurales, les habitants sont réputés par leur générosité. Comme ce Saïdi de la région de Tifrit (commune de Aïn Soltane), qui nous a ouvert les portes de sa demeure pour un déjeuner bien "local" : un succulent mesfouf (couscous aux raisin secs) accompagné d’un délicieux lait de chèvre qui feront place, par la suite, à un thé à la mente fraîche. Notre passage dans la région de Tifrit est également une occasion pour visiter ses fabuleuses grottes, ses chutes d’eau et sa vallée bien cultivée. La somptuosité du site nous laisse sans voix. Aucun son ne se fait entendre, sauf celui du ruissellement des cours d’eau qui traversent ces sentiers. Nos pas nous mèneront ensuite vers le vieux Saïda, où la nature étale toute sa beauté. Le site panoramique, traversé par l’oued Saïda, est aménagé en forêt récréative. Saïda est aussi connue pour son tourisme cultuel, puisque la région compte quinze zaouias, notamment la célèbre Moulay Tayeb. L’ordre des Taïbya, membres de la caste des Chorfa appartient à la lignée d’Idriss. Moulay Ibrahim, né au XVIIe siècle avait fondé une zaouia à Ouazzan (Maroc). Son petit-fils Moulay Tayeb lui succéda à la direction de cette institution religieuse devenue le centre d’un nouvel ordre mystique. Il s’attacha à perfectionner l’organisation de la zaouia, laquelle portera désormais son nom, et développa une activité qui attira de nombreux prosélytes. La renommée de cet homme de bien, un véritable érudit, se propagea à travers le Maghreb, particulièrement à l’ouest algérien. La zaouïa de Moulay Tayeb a été, depuis sa création, un relais pour les voyageurs, les marchands et la formation des "talebs" au niveau de l’école coranique. Pour autant, si la région de Saïda offre des potentialités touristiques inestimables surtout sur le plan écologique, les infrastructures hôtelières (16 %) sont loin de répondre aux normes requises. La wilaya compte cinq hôtels d’une capacité totale de 546 lits. Très peu pour une si belle ville qui a tant donné au football algérien. Par ailleurs, elle n’a enregistré que 31.896 touristes algériens et 1.807 étrangers. Ces chiffres sont loin de ceux enregistrés à Oran ou encore à Sidi Bel-Abbès. Notre virée à l’ouest algérien s’achève à Saïda, mais le groupe aspire déjà à d’autres merveilles. L’Algérie est un musée à ciel ouvert et qu’une virée ne suffit pas pour découvrir toutes ses richesses.


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