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Définitions urbaines Qu’est-ce qu’un jeune ?

2011-01-11

Techniquement, c’est une masse de chair tendre et ferme, nourrie aux frites-omelette (à l’huile) et au gaz de ville, qui aime la mayonnaise et le café (trop sucré), d’où l’impasse biologique et alimentaire actuelle. Mais un jeune est surtout un complexe chimique d’hormones pleines de désir et de force brute, de pouvoir et de vouloir infini et, comme un téléphone portable, traversé par de nombreuses ondes. Un jeune est jeune et, de fait, a de l’avenir en ce sens qu’il n’est pas casé et a de longues années devant lui avant de se résigner. En gros, un jeune est tout le contraire d’un vieux mou, hormones en baisse et pavillon en berne, empreint d’une fausse sagesse due surtout à un besoin craintif de sécurité.


Daho Ould Kablia, qui avait jusque-là réussi à faire oublier son prédécesseur Zerhouni, ses bourdes légendaires et son mépris approximatif, vient d’entrer dans le syndrome du dirigeant soviétique. Pour lui, commis de l’Etat de plus de 70 ans, «ils ne sont intéressés que par le vol et la rapine». De qui parle-t-il ? De ministres, de hauts responsables de Sonatrach, de walis ou de corrompus bien abrités dans les structures de l’Etat ? Non, il parlait des jeunes Algériens qui «aiment toutes choses qu’ils ne sont pas en mesure d’acquérir autrement que par le vol, par la contrebande, le trafic de drogue. Leur univers, c’est la rue de leur quartier». Tout comme Daho Ould Kablia, lui aussi reclus dans la rue de son quartier, mais barricadé derrière des sens interdits et des barrages.
A ce niveau navrant du débat autour d’une émeute qui devrait interpeller tout le monde, ne reste qu’à rappeler au ministre une équation vieille comme le monde : si un gouvernement est désespérant, on se révolte pour le changer. Mais si c’est le peuple et sa jeunesse qui sont désespérants, il faut changer de pays et aller régner ailleurs. Il n’y a pas de peuple de rechange.


Chawki Amari            El Watan

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