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AFFAIRE DU GUIDE LE «PETIT FUTÉ» Les Algériens paient pour se faire insulter

2010-08-30

Les grands annonceurs publics que sont Air Algérie et l’Onat n’ont pas réagi à cette attaque féroce.



Les guides touristiques font dans la politique. Les rédacteurs du Petit Futé, et à leur tête le directeur de la collection Jean-Paul Labourdette, ont voulu même en faire leur «arme destructrice» en tirant à boulets rouges sur l’Algérie par l’usage de termes peu élogieux sur le pays.
Des vocables comme «jeunesse formée de crétins-frustrés» ou encore «une hôtellerie archaïque», ont été bel et bien utilisés. Le dérapage gravissime d’un si important guide touristique semble être reçu «à bras ouverts» par nos autorités. Aucun responsable n’a daigné bouger le petit doigt et réagir à cette attaque féroce.

Le ministère du tourisme n’a fait que rendre un hommage aux efforts déployés par le Petit Futé et autres guides avec l’intention d’acheter des centaines d’exemplaires sur fonds publics. Quelle aberration! Devraient également protester contre ce qui a été écrit, les grands annonceurs publics que sont, entre autres, Air Algérie et l’Onat. Ils ont subventionné, sans le savoir, une grave atteinte à l’image de la destination Algérie. En effet, les entreprises concernées doivent demander, en urgence, des comptes à ceux qui veulent salir leur image. Ce qui a été publié a frôlé, dépassé même, les lignes rouges.
Les Algériens donnent de l’argent pour subir les insultes les plus acerbes. Drôle de scénario. Il est grand temps de s’interroger sur les raisons de ce silence qui en dit long.
Mourad Kezzar, auteur de l’analyse, est très en colère contre les responsables du guide. Il estime que des propos méprisants y sont contenus. Il donne cet exemple. «Si les hommes algériens peuvent reconnaître haut et fort que les femmes sont leurs égales, sinon supérieures, reprenant le mythe de la bonne mère, dévouée et courageuse sans qui le pays n’existerait plus, bla, bla, bla, dans la réalité, il ne reste pas grand-chose de ce beau discours qui nous surprendrait presque...». Et pose cette question: «Comment ce passage a-t-il trouvé sa place dans ce guide touristique?» Et d’ajouter: «Y a-t-il une destination au monde qui est traitée ainsi dans un guide touristique, financé par ses propres fonds?» C’est là une interrogation qui n’empêchera certainement pas la polémique d’enfler. On y parle de religion, des bars, de prostitution...ainsi que de la pénurie d’eau. Un magazine touristique, dites-vous? A la page 105, on peut lire: «L’idéologie islamiste a complètement assombri le regard des hommes sur les femmes.» Pourquoi ces jugements politiques? «La prostitution est plus visible qu’on aurait pu l’imaginer dans la rue, dans les hôtels, très fréquentés l’après-midi, les bars de ces mêmes hôtels, les lieux de sortie nocturne», insistent les rédacteurs du Petit Futé. Et d’ajouter à la page 106: «A Alger ou à Oran, de Club des Pins aux cabarets les plus miteux en passant par les restaurants, les bars d’hôtel et bien sûr Internet et les sites de rencontre, des dizaines de filles cherchent une vie meilleure malgré les tabous...» Si l’intention de ces rédacteurs n’a pas été de nuire à l’Algérie, comment s’explique alors l’aveu de l’éditeur du magazine qui concède, que pour la prochaine édition, deux ou trois phrases seront peut -être modifiées?


Fouad IRNATENE L'Expression




          

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