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La prise en charge des patients dans l’œil du cyclone

2010-07-28

Il y a quatre jours seulement, la ville découvrait avec stupeur le laxisme et le laisser-aller au sein de l’hôpital d’Oran. Un homme a trouvé la mort dans des conditions atroces pour négligence. Deux infirmiers et deux agents de salles sont placés sous mandat de dépôt dans le cadre de cette affaire qui a eu lieu dans le service des Glatars. Une affaire qui illustre l’absence de professionnalisme, de compassion chez un corps médical en proie au stress des conditions de travail et d’exercice de la profession. «Il est vrai que le personnel médical a une responsabilité dans ce qui arrive aux patients.
La compassion a disparu de nos salles de soins avec la pression terrible quotidienne qui pèse sur nous et l’absence de moyens efficaces, notamment les équipements, les produits entrant dans l’acte médical, l’espace vital où doit évoluer tout aussi bien le malade que le personnel infirmier et médical», notera un médecin résident.
Des années après l’annonce de la réforme du secteur de la santé et des dispositions d’urgence mises en place afin d’améliorer les conditions d’accès et de prise en charge des malades, les hôpitaux algériens demeurent dans une phase critique, pour ne pas dire lamentable.
A Oran, les exemples de cette léthargie et de ces dysfonctionnements dans la gestion du chapitre médical et autres ne manquent pas. Ils sont même légion. Cela, alors que l’hôpital d’Oran a connu, au cours des quatre dernières années, un rythme effréné dans la réhabilitation, la modernisation et l’élargissement d’une grande partie de ses services. Des enveloppes importantes ont été engagées dans la rénovation de la presque -totalité des services, dont le plus notoire : le service de la maternité qui a beaucoup fait parler de lui au cours des années précédentes. Sur les 57 services médicaux et chirurgicaux, une vingtaine a pu bénéficier d’un plan de rénovation et de modernisation.
Aujourd’hui, si on peut dire que la prise en charge a gagné en propreté et en hygiène dans une partie des services hospitaliers, elle n’a pas bien progressé pour ce qui est de la qualité des prestations de services et des soins prodigués. Côté nourriture, les patients et leurs familles s’accrochent aux vieux réflexes et refusent la nourriture de l’hôpital et même la literie, qui est également apportée de la maison. «Je n’ai pas confiance. Je ne peux pas faire entrer ma fille dans une clinique privée pour plusieurs considérations. Mais, ici à l’hôpital, je lui apporte la nourriture et les draps dont elle a besoin. Qui peut savoir ce qu’il y a dans la nourriture ou comment sont lavés les draps et autres coussins. Personne ne pourra me forcer à procéder autrement», notera un père de famille dont la fille a été admise pour une douleur à l’abdomen. Ainsi va l’hôpital d’Oran, en attendant des jours meilleurs.


Mohamed Ouanezar La Tribune


          

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