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A trois mois du Ramadan, les prix jouent au yoyo: Les légumes font du surplace, les fruits flambent

2010-05-11

A trois mois du Ramadhan, le marché des fruits et légumes ne porte guère à l’optimisme, compte tenu de la mercuriale qui est restée bloquée pour la majorité des produits agricoles et notamment les légumes, et ce depuis le début de l’année.


Si le prix de la pomme de terre, aujourd’hui fixé à 20 ou 25 dinars, est redescendu depuis peu des cimes, alors qu’il atteignait la barre des 80 DA le kilogramme selon la qualité et le calibre, c’est loin d’être le cas pour le reste des autres légumes.


Dans le but de tâter le pouls de ce qui se passe actuellement en
matière de négoce, afin d’avoir une idée de ce qui nous attend dans moins d’une centaine de jours avec la période du carême, nous avons fait le tour des marchés à Oran en recueillant, bien sur, les avis et impressions de quelques ménagères et autres marchands.


Pour ce qui est des tomates, leur prix n’a pas baissé pour autant puisque même s’il elles étaient cédées, il y a quelques semaines autour de 100 DA le kilo, elles tournent actuellement entre 70 DA et 80 DA lorsque ce n’est pas bien plus.


C’est à peu près la même chose pour la salade verte qui avait tenue le rôle de la vedette, il n’y a pas si longtemps, en se faisant désirer puisqu’elle avait atteint les 90 DA le kilo alors qu’actuellement elle n’en est pas tellement loin avec ses 80 DA.


Une salade variée à prés de 300 Dinars


Concernant les autres primeurs qui accompagnent souvent les mets de salades tels que la carotte et la betterave, elles n’ont pas tellement décollées des 30 DA ou 40 DA prix auxquels elles étaient écoulées. C’est également le cas pour la courgette qui se vend toujours autour 40 DA et 50 DA alors que le chou-fleur frise les 80 DA. Idem pour les haricots verts et les petits pois, en fin de saison et qui affichent les prix respectifs de 100 DA et 60 DA le kilo.


Il n’y a, ainsi, que les fèves qui soient vendus autour de 15 DA et 20 DA, puisque la production aurait dépassé toutes les prévisions, en raison surtout d’une bonne pluviométrie, mais c’est plutôt le fait que ce légume arrive en fin de saison que son prix a sensiblement baissé.


Cependant, ce sont surtout les fruits qui, manifestement, connaissent une hausse assez brutale à l’exemple de la banane que l’on pouvait trouver entre 80 DA et 100 DA et rarement bien plus si ce n’est à 110 DA au maximum, alors qu’en ce moment, il est rare d’en trouver à moins de 140 DA le kilo.


Les pommes, de qualité moyenne, qui se négociaient également entre 120 DA et 140 DA suivant la provenance et la fraîcheur, sont vendues à 160 DA le kilo lorsque ce n’est pas bien plus au niveau de certains marchés. L’Orange, de son côté n’a pas cédé d’un pouce le coût de son kilo qui se stabilise à 100 DA, au moment où la poire, de calibre moyen, flirte avec les 200 DA.

Quant aux fruits qui arrivent un peu précocement sur le marché, leurs prix semblent ne reposer sur aucune logique, puisque d’un endroit à un autre, l’écart est parfois exagéré. Les fraises qui sont à la mode, se négocient autour des 180 DA le kilo par exemple à Medina Djedida alors que chez un magasin au centre-ville ou ailleurs, il n’est pas rare de les trouver à 300 DA sinon, plus.

C’est également le cas en ce qui concernent les nèfles, abricots ou les pêches revendues presque au double dans certains marchés et autres magasins dit de «luxe», alors qu’on les retrouve en ce moment autour des 180 DA et 220 DA pour une qualité moyenne.

C’est la curée des poches dans les marchés

Enfin, certains marchands exposent des pastèques et melons «Cantalou» à des prix exorbitants puisque la pastèque se vend entre 140 DA et 200 DA le kilo et le petit melon pas plus loin.

Pour M. Abdelkader, 48 ans, marchand de fruits et légumes au marché de la rue des Aurès (Ex Bastille), il dira à ce propos : «Le client n’a presque plus le choix car, les fruits de la production nationale sont soit rares, d’où leur cherté, soit ils sont introuvables au niveau du marché du gros.

Ce sont, donc, essentiellement des produits qui viennent d’autres pays qui envahissent nos marchés, ce qui fait qu’il n’y a presque pas de concurrence car il n’y a pas le choix. La marchandise est devenue un peu plus chère qu’avant en raison, semblerait-il, du relèvement de certaines taxes.

Mais, sait-on où est la vérité ?
«.B. Latéfa, 52 ans, femme au foyer, nous dira : «En tant que ménagère, je dois toujours faire de la gymnastique au niveau du budget familial pour tenter de m’en sortir. Je vois que le prix des fruits a beaucoup grimpé, mais en ce qui me concerne, c’est celui des légumes qui me hante l’esprit. Les fruits, on peu s’en passer puisqu’un pot de yaourt ou une bouteille de limonade ferait bien l’affaire.

Cependant, quant nous avons des invités ou lorsque l’on se rend chez un malade, nous emportons avec nous, de préférence, quelques fruits, mais avec la hausse ce n’est pas évident de le faire à chaque fois».

Quant à H. Kouider, 68ans, retraité de la fonction publique, il nous rapportera ce qui suit : «Il y a quelques jours, alors que j’étais au marché de Medina Djedida avec mon petit fils âgé de 14ans, je me suis arrêté devant un marchand de fruits et légumes pour acheter une fuit (pomme ou banane) pour le gosse.

Au moment où j’en choisissait une que je donnais au vendeur pour la peser, un homme d’environ 40 ans, vêtu d’un costume tiré à quatre épingles, souleva deux grosses pastèques ( 150 DA le kilo), qu’il paya pour un montant global de 3700 DA, soit l’équivalent du tiers de ma pension.

Mais, le plus sidérant dans tout cela, c’est lorsque cet individu dira au marchand que c’était pour goûter si cette année les pastèques étaient aussi bonnes que celles de l’année passée à la même période. Je suis resté abasourdi, tenant ma pomme à la main.

Que voulez-vous, il y a des gens qui n’ont aucune pudeur ni aucun sens de l’argent». Espérons que les fruits, mais surtout les légumes n‘amorcent pas une remontées spectaculaire au niveau des prix à l’approche du Ramadan, afin que les petites bourses puissent, elles aussi, s’offrir aussi bien de la patate que de la pastèque.


S.A.Tidjani "L'Echo d'Oran"


          

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