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Oran veut rivaliser avec les villes européennes de la méditerranée.

2013-08-05

Oran voudrait devenir la Barcelone du Maghreb


Grâce à l'argent du pétrole, le gouvernement algérien veut faire d'Oran la capitale économique du pays. Il dépense sans compter pour permettre à la ville de rivaliser avec les grandes métropoles de la rive nord de la Méditerranée. Les entreprises françaises sont très présentes dans la réalisation des nouveaux équipements.

Nous possédons l'image. L'imagination vient des spectres. L'imagination est le propre des gens du Nord. L'image est le propre du Méditerranéen. Oreste sait où il va, tandis que Hamlet erre parmi les doutes », a dit un jour le grand architecte catalan Antoni Gaudí. Et à Oran. on sait justement où on veut aller : Oran.veut ressembler à Barcelone. Depuis 2000, le gouvernement algérien, issu en majorité de l'Ouest, a décidé d'y investir massivement pour développer et moderniser les transports publics, les infrastructures routières, les logements, le réseau d'alimentation en eau potable et l'hôtellerie haut de gamme. Objectif : rivaliser avec les grandes métropoles de la rive nord méditerranéenne.

Treize ans plus tard, la capitale économique du pays commence à changer de visage, et le cadre de vie est devenu agréable. Ainsi, le 1er mai dernier, la première ligne de son tramway (18,7 km, 32 stations) a été mise en service. Dotée de rames Citadis du français Alstom, cettelignepermet aujourd'hui aux Oran.is de se déplacer plus facilement du centre-ville historique vers les quartiers de l'est de la ville où de nombreuses cités-dortoirs ont été bâties ces dernières années. Le tramway d'Oran a été réalisé par le groupement Tamnor, constitué des sociétés espagnoles CorsanCorviam Construcción (chef de file) et Isolux Ingenieria et des filiales, espagnole et algérienne, du groupe Alstom pour plus de 340 millions d'euros.

En projet, un TGV et un quatrième périphérique

Au moment où une extension de ce tramway est à l'étude, Oran.s'apprête à lancer sa première ligne de métro. Les travaux devraient être lancés en 2014 pour un coût prévu de 1,4 milliard d'euros, selon le directeur des transports de la wilaya (préfecture) d'Oran, Khaled Talha. La ligne de métro devrait traverser Oran.d'est en ouest sur une distance approximative de 16 km avec des points de connexion avec le tramway.

Oran est reliée à l'autoroute Est-Ouest (lire encadré) par une bretelle de 80 km, tandis qu'une ligne ferroviaire à grande vitesse est envisagée pour la relier à Alger. Un troisième périphérique a été construit et un quatrième est en projet pour fluidifier la circulation automobile et permettre la création de nouveaux quartiers autour du centre-ville historique.

La ville est un chantier permanent

Outre les investissements massifs dans les infrastructures de c ommu n i catio n, la v ill e a dépensé des centaines de millions d'euros pour améliorer la distribution de l'eau potable. Des stations de dessalement de l'eau de mer ont été créées, des barrages bâtis et le réseau d'alimentation en eau potable a été agrandi. À la fin des années 1990, l'eau qui coulait dans les robinets oranais était saumâtre et sévèrement rationnée. Depuis 2011, elle est potable et coule 24 heures sur 24. Son réseau de distribution a été entièrement refait par le français Saur (groupe Bouygues) et il est géré depuis 2008 par la société espagnole Agbar, une filiale du groupe Suez.

Côté construction, Oran.est un véritable chantier. À l'est, des dizaines de milliers de logements ont été construits par l'État et cédés à des prix dérisoires. Le gouvernement a décidé de dépenser près de 1 milliard d'euros pour mettre en chantier des milliers de logements avant 2014. Une opération de réhabilitation de 600 immeubles du centre-ville, construits par les anciens colons français, est en cours. Toujours à l'est de la ville, un stade de football moderne d'une capacité de 40"000 places et une nouvelle université sont en train de sortir de terre. Un centre de conférences et des tours de haut standing ont été construits sur le front de mer, et des hôtels de chaînes internationales (Sheraton, Ibis, Méridien) y sont déjà implantés.

Tout en développant ses infrastructures, Oran. qui dispose du plus grand port d'hydrocarbures d'Algérie, attire aussi des investisseurs locaux et étrangers. Le groupe Renault l'a choisi pour implanter son usine algérienne de fabrication de voitures, avec une capacité de 25"000 unités par an, dans un premier temps. Le gouvernement incite - et parfois oblige - les entreprises algériennes et étrangères à investir à Oran. qui a l'avantage de disposer de terrains industriels, contrairement à Alger, saturée.


Ali Idi            La tribune FR

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