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Perquisition aux bureaux de l'entreprise canadienne SNC-Lavalin

2013-06-02

SNC-Lavalin sous enquête

MONTRÉAL - La police algérienne a récemment procédé à une perquisition d'envergure aux bureaux de l'entreprise canadienne SNC-Lavalin à Alger, en Algérie.

C'est ce qu'a confirmé par courriel dimanche la vice-présidente principale, Communications mondiales d'entreprise, chez SNC-Lavalin, Leslie Quinton.
L'entreprise canadienne sous enquête en Algérie (reportage 22h)

«Nous avons collaboré avec les autorités algériennes lors de leur investigation de lundi dernier de nos bureaux, et souhaitons les supporter le plus possible pour identifier toute information qui pourrait être pertinente pour leurs fins afin de résoudre le tout le plus rapidement possible.»
Des ordinateurs auraient été saisis.

Depuis quelques mois, les autorités enquêtent sur un important contrat obtenu par l'entreprise il y a huit ans pour la construction d'une centrale électrique d'une valeur de plus de 825 millions $.

Un rôle à définir

Les enquêteurs seraient aussi intéressés au rôle qu'aurait joué un homme d'origine algérienne, Farid Bedjaoui, dans l'octroi de ce contrat et de plusieurs autres. M. Bedjaoui a obtenu un diplôme à HEC Montréal. Certains membres de sa famille résident toujours à Montréal.

Farid Bedjaoui fait actuellement l'objet d'une enquête de la justice italienne relativement à son rôle d'intermédiaire dans l'obtention de contrats majeurs en Algérie. Il aurait touché une commission de 198 millions d'euros.

Des liens mystérieux

Des sources en Algérie ont affirmé à TVA Nouvelles que Farid Bedjaoui aurait servi d'intermédiaire dans l'obtention de nombreux contrats en échange de généreux pots-de-vin. En février dernier, lorsque notre bureau d'enquête avait voulu approfondir les liens entre M. Bedjaoui et SNC-Lavalin, Mme Leslie Quinton nous avait fait parvenir cette réponse :
«Notre compréhension est que monsieur Bedjaoui était impliqué dans certaines compagnies qui étaient liées par contrat à des filiales de SNC-Lavalin. Ces contrats ont été négociés par des ex-employés de la compagnie et, au meilleur de notre connaissance, étaient des arrangements faits dans le cours normal des affaires.»

Sur le site internet d'une compagnie appartenant aux frères Bedjaoui, on peut lire que SNC-Lavalin continue d'entretenir des liens avec eux. Ils ont tous les deux travaillé sur le gigantesque projet de l'autoroute Est-Ouest en Algérie, marqué par de multiples irrégularités.

Un avenir incertain

«SNC-Lavalin s'enlise de plus en plus», a affirmé Michel Nadeau, directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques. Selon lui, une des solutions pour les dirigeants serait de fusionner la compagnie avec une autre entreprise pour faire disparaître le nom de SNC-Lavalin et d'effacer toutes les réclamations possibles. Ça serait tragique pour le Québec, car ça mènerait à la perte du siège social de SNC-Lavalin», a-t-il ajouté.

Michel Nadeau croit tout de même que les pays chercheront à récupérer l'argent qui a été volé ou perdu en pots-de-vin.

«Tous les pays ouvrent le dossier Lavalin. Comme tous les gouvernements de la planète sont actuellement serrés, aller en cour pour se faire dédommager de 40, 50, ou 100 millions de dollars aux dépens de SNC-Lavalin, pour les gouvernements, ça demeure des projets intéressants.»

SNC-Lavalin doit composer avec d'importantes sanctions au niveau international. En avril, à l'issue d'une enquête sur des allégations de complot de corruption dans un projet au Bangladesh, la Banque mondiale a radié la compagnie montréalaise, en plus de ses 100 filiales, pour une période de 10 ans. Peu de temps après, dans la foulée de la décision de la Banque mondiale, l'ACDI, l'Agence canadienne de développement international, a elle aussi exclu SNC-Lavalin des projets qu'elle finance.


Agence QMI            canoe.ca

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