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Nouba, hommage aux maîtres de la musique andalouse

2012-04-15

Nouba, hommage aux maîtres de la musique andalouse

C’est une manifestation itinérante qui concerne les trois grandes écoles andalouses, Alger, Tlemcen et Constantine.



Un décor digne de la merveilleuse et mystérieuse Andalousie est planté, depuis le 9 avril en cours, au palais de la culture Malek Haddad. Cette remarquable exposition baptisée «Nouba», qui s’étalera au 9 mai prochain, s’inscrit dans le prolongement de l’évènement «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011»; elle recèle les portraits des différents chouyoukh, ouvrages, manuscrits anciens, coffrets CD, vidéos documentaires, -projetés via des écrans géants-, peintures représentant de fabuleux jardins et personnages des cours andalouses, anthologies, beaux livres relatant la biographie et le parcours des maîtres des différentes écoles, textes mis en musique, odes composées par des poètes andalous, et bordures musicales...

Tout évoque la «touchia» langoureuse et nostalgique, ayant fusé jadis des somptueux palais des Omeyyades. «C’est une exposition itinérante qui concerne les trois grandes écoles andalouses, Alger, Tlemcen et Constantine, dont l’objectif est de rendre hommage aux maîtres de ce genre musical, et à ceux qui sont à l’origine du répertoire poétique non andalou, comme le hawzi, aroubi, madh, sanaâ et gharbi», nous explique la chef de département Patrimoine et chorégraphie, Zahia Benchikh El Hocine, qui nous présente un catalogue de haute facture, conçu et lancé par le même département, à l’initiative de la ministre de la Culture, Khalida Toumi.
Celui-ci compile de précieuses notes sur l’histoire et l’origine de cette grande musique de chambre qui a connu ses moments de gloire grâce à un certain Ziryab, personnage quasi mythique, produit d’une double culture abbasside et omeyyade. C’est à Cordoue (Espagne-Andalousie), que ce précurseur de la musique savante au Maghreb, donnera la pleine mesure de son génie. «Nouba», en tant qu’évènement majeur, recrée l’histoire, longtemps méconnue, de ce qui sera, au fil des siècles, notre tradition arabo-andalouse.


Une sauvegarde qui intervient à temps


Ce précieux catalogue, dont le contenu intégral est exposé en nature, contient les reproductions d’élégants édifices «des cités culturelles d’Al Andalus», de peintures naïves de personnages de cours orientales, de Ziryab jouant du luth, d’instruments cordophones (usités dans ce genre musical)…, il y est noté, entre autres, que «(...) cette musique serait tombée en désuétude ou reléguée au rang de folklore si elle n’était le produit et le reflet de ce que la civilisation arabo-musulmane a de plus précieux et de plus dynamique». L’itinéraire de la migration d’esthètes de Bagdad vers l’Andalousie, est retracé sur une carte géographique. Les portraits des maîtres de l’andalou, soigneusement collectés et classés par région et époque, agrémentent cette exposition, dont le savoir-faire a incontestablement séduit. «C’est époustouflant, commente à ce sujet un visiteur, aucune critique négative à émettre, c’est parfait; voilà comment on devrait travailler».


Les chouyoukh immortalisés


Tlemcen, à titre d’exemple, est représentée par cheikh Larbi Bensari, un «conservateur scrupuleux des reliques de l’art andalou», de Ghaouti Bouali, de Aboura Mostefa et Kheïreddine, de Cheikha Tetma, Abdelkrim Dali, etc. Il faut avouer que cette région a enfanté des géants en la matière. Du côté de Nedroma, nous avons, bien évidemment, Hadj Mohamed Ghafour, une véritable icône, un puriste, connu pour «sa voix puissante et cristalline, sa diction parfaite et son style particulier». Une myriade de maîtres, dont M’alem Mohamed Ben Ali Sfindja, «maître incontestable de la çan’a», Maâlma Yamna, Saül Durand, dit Mouzino, Edmond Nathan, Serri, illustrent Alger. Viennent également, de Béjaïa, Cheikh Sadek Lebdjaoui, de Blida, Dahmane Benachour, de Constantine, Tahar Benkartoussa, Hammou Fergani, Abdelkrim Bestandji, Brahim Ammouchi, Abdelkader Toumi, Raymond Leyris, Darsouni, Hadj Mohamed-Tahar Fergani, Abdelmoumen Bentobbal, etc.

Le prestige de cette musique est, tout compte fait, incommensurable, ses chouyoukh sont innombrables, et le mérite des initiateurs de cette exposition unique en son genre, est de les avoir consciencieusement répertoriés. Il est prévu, nous informe la chargée de mission auprès de la chef de département Patrimoine et chorégraphie, Samira Hadj Amar, que les deux expositions, «Si le Mouloud m’était conté», qui a donné le coup d’envoi de «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011» et «Nouba», seront confiées au Centre national de recherches et des études de la musique andalouse. Celui-ci, construit en 2011 à Tlemcen, sera inauguré très prochainement, a-t-elle annoncé.





Farida Hamadou            EL Watan

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