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L’ombre, le nombre, le Nom

2011-03-26




L’artiste contemporain algérien a fait sensation à cette prestigieuse rencontre internationale.




Le Festival d’art et de musique d’Abu Dhabi a ouvert ses portes le 19 mars 2011 dans le grandiose Emirates Palace. Inauguré par S. E. Cheikh Nahyan bin Mubarak Al Nahyan, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et président de l’Abu Dhabi Music & Art Foundation (ADMAF), ce festival a accueilli une installation des plus originales, «Path of Roses» (Le chemin des roses) de l’artiste contemporain algérien, Rachid Koraïchi, porté par l’illustre October Gallery de Londres. Promue par S. E. Mme Hoda Al Khamis Kanoo, fondatrice et directrice artistique de l’ADMAF, la réception suivant l’inauguration a regroupé des personnalités de haut rang de la diplomatie, du mécénat et de l’art contemporain.




L’installation de Rachid Koraïchi, hommage à Jalal Eddine El Rumi, traduisant le raffinement et l’ouverture de la tradition soufie, a littéralement surpris et ému les illustres invités des cinq continents. Elle avait été présentée dans une version originale, au cours de l’été 2008, dans la Citadelle d’Alger, et avait remporté un grand succès. Dans une des allées du palace, l’artiste a tenu à recréer l’ambiance de la première installation, immergée dans un cadre historique. Il a décidé ainsi de faire appel aux mêmes complices, à savoir le plasticien de la lumière, Georges Berne, et l’architecte-scénographe, Halim Faïdi, l’architecte du MaMa. Un cube noir imposant, symbolisant la Kaâba, a été bâti et mis en lumière en 48 heures pour mettre en scène les 280 sculptures, céramiques et textiles qui constituent indissociablement l’œuvre. Un grand livre catalogue de 400 pages a été édité par l’October Gallery, présentant dans un luxe rare, la démarche et l’œuvre complète de Koraïchi. Le Chemin des Roses est une œuvre où l’harmonie générale est la base de la démarche. Le chiffre 7 est omniprésent : dans les œuvres, toutes bâties sur des multiples de ce chiffre magique, dans leurs nombres et dans leurs dimensions mais aussi dans le volume bâti contenant les socles, alcôves, vides et interstices, impulsant des rythmes à l’ensemble. Les noms de Dieu, sculptés dans la lumière, flottent sur les textiles qui accompagnent les 196 priants dans un parcours menant vers le Prié que la tradition interdit de représenter. Alors, comme à Alger, c’est finalement l’ombre du nom de Dieu, sculptée dans du bronze qui a constitué le clou de l’installation.



En dehors de cet événement qui dure jusqu’au 4 avril, Koraïchi était aussi exposé à l’Art Dubaï, l’une des plus importantes foires d’art contemporain au monde (20 000 visiteurs en 3 jours) et qui s’est tenue du 14 au 19 mars. La galerie La Marsa de Tunis présentait les dernières œuvres de l’artiste, dont un chrome sculpté en ombres et lumières, ainsi que des chaises en forge d’acier noir d’une très grande valeur esthétique et graphique. Le stand d’October Gallery présentait également lithographies, sculptures et grands textiles parmi sa collection. Au cours de la foire, Rachid Koraïchi a été retenu dans la short-list de 10 artistes, parmi 200 candidats internationaux, pour le Jameel Prize du Victoria & Albert Museum de Londres. Cette consécration prime les artistes contemporains du mode musulman qui font participer des artisans d’art. Une exposition itinérante d’une année et demie dans les grands musées du monde consacrera le lauréat définitif.
L’Algérie qui organise l’événement «Tlemcen, capitale de la culture islamique», pour lequel Koraïchi n’a pas été contacté, a été représentée à un très haut niveau artistique.


Nerrimane Djassir            El Watan

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